Amphibia-Nature porte un grand intérêt à l'histoire maritime de la Gaspésie et plus largement à celle de la Nouvelle-France dont les destins ont été marqués à maintes occasions par les affrontements entre les royaumes de France et d'Angleterre. Déjà reconnu au 17e siècle pour l'abondance de ses réserves de morues et autres ressources naturelles, ce territoire a notamment constitué une importante zone d'activités liées à la pêche durant plusieurs siècles. Différents aspects en lien avec les projets que mène notre équipe, tels que l'histoire naturelle, les paysages et l'environnement, seront exposés dans cette section. Nous souhaitons ainsi mettre en valeur le patrimoine matériel et immatériel du monde maritime gaspésien et de la Nouvelle-France.

ARTICLES

logo PDF  An analysis of Jacques Cartier's exploration of the Gaspé coast, 1534
logo PDF  Les chaloupes morutières utilisées sur les côtes de la Nouvelle-France vers 1650


Les Mi'kmaq * en Gaspésie

Au début du 16e siècle, le territoire des amérindiens mi'kmaqs s'étendait des provinces maritimes jusqu'à la Gaspésie, le secteur de Percé en constituait probablement sa limite orientale au nord. En été, le canot de haute mer d'une longueur variant de 5 à 9 mètres, permettait aux bandes mi'kmaq de se déplacer efficacement de caps en pointes vers leurs territoires de pêche et de chasse favoris. Un peuple rival, les Iroquoiens de la vallée du Saint-Laurent, fréquentait alors durant l'été la baie de Gaspé.
* Micmacs

peinture - les Micmacs en Gaspésie
« Les Mi'kmaq en Gaspésie, vers 1492 »
Huile sur toile, Donald Cahill (2011)

La baie des Chaleurs et les navires de Jacques Cartier

Atteignant la baie des Chaleurs le 2 juillet 1534, Jacques Cartier et ses 60 membres d'équipage aperçurent pour la première fois les côtes de la Gaspésie. Il s'agissait en fait de la partie supérieure du mont Sainte-Anne et les sommets des autres collines environnant le secteur de Percé. Sur les rivages de la baie des Chaleurs, ils rencontrèrent de nombreux amérindiens mi'kmaqs *. Ils étaient plus de 300, hommes, femmes et enfants près de l'actuelle ville de Carleton-sur-Mer.
* micmacs

portrait de Jacques Cartier  Galerie photo - Portraits de Jacques Cartier   maquette d'un navire marchand  Galerie photo - Navires de Jacques Cartier  
peinture - la baie des Chaleurs
« Les navires de Jacques Cartier dans la baie des Chaleurs, 1534 »
Huile sur toile, Donald Cahill (2012)

La croix de Jacques Cartier

Les grands vents et la brume épaisse forcèrent Jacques Cartier à ancrer ses navires dans le havre de Gaspé, en parfaite sécurité derrière la barre de Sandy Beach, protégés des puissantes vagues et de la forte houle du large. Ils y rencontrèrent plus de 200 Iroquoiens du Saint-Laurent venu pêcher le maquereau bleu (Scomber scombrus). Le 24 juillet 1534, Jacques Cartier et son équipage plantèrent une croix de bois de 9 mètres (30 pieds) sur la pointe de Penouille, clairement dans le but de servir de balise à l'entrée du havre. Ce secteur était appelé Honguedo par les Iroquoiens.

croix de Jacques Cartier  Galerie photo - Croix de Jacques Cartier  
peinture - la croix de Jacques Cartier
« La croix de Jacques Cartier, 1534 »
Huile sur toile, Donald Cahill (2012)

Les monstres marins

La mer et ses profondeurs n'ont jamais cessé d'inspirer autant la peur que la fascination. Le mythe de l'Atlantide, les tempêtes imprévisibles, les nombreux naufrages, la « baleine » qui avale Jonas, les pieuvres géantes et les autres monstres marins ont de tout temps hanté l'imaginaire collectif. Les navigateurs ont longtemps été terrifiés par des créatures effroyables de l'océan. Les cartes marines anciennes recèlent d'ailleurs un bestiaire fabuleux très riche. Celui-ci est en partie basé sur des récits fantastiques rapportés par les marins, mais il apparaît aussi dans les ouvrages des naturalistes de l'époque. Les progrès en sciences naturelles ont par la suite transformé plusieurs de ces monstres redoutables des profondeurs en organismes marins bien réels, mais encore bien mystérieux.

monstre - rorqual à bosse  Galerie photo - Monstres marins  
carte de Olaus Magnus vers 1539
« Détail de la Carta Marina du géographe et historien suédois Olaus Magnus, 1539 »
Les mers septentrionales seraient peuplées de monstres marins fabuleux...
carte de Petrus Plancius vers 1592
« Détail d'une carte de la Nouvelle-France attribuée au cartographe hollandais Petrus Plancius, vers 1592 »
En plus d'éléments du bestiaire marin, nous pouvons noter la présence des toponymes « Gaspé » et « Bonne
Aventure » sous la forme de C. Gaspei et Boavẽtura dans la partie ouest du golfe du Saint-Laurent.

Le rocher Percé et la baie des Molues *

Ce remarquable bloc de calcaire, qui a donné son nom à Percé, a été transformé au cours des siècles par les assauts répétés des eaux du golfe du Saint-Laurent. Au 17e siècle, « l'Isle Percée » accueillait déjà chaque année des navires basques, normands et bretons qui venaient y faire la pêche et la « sécherie des molues ». Le 17 juin 1845, l'une des deux arches principales s'écroula, ne laissant à son extrémité qu'un Obélisque, point d'exclamation à la grandeur de ce paysage de la Gaspésie. La baie des Molues porte aujourd'hui le nom de La Malbaie.
* Morues

rocher Percé en 2010  Galerie photo - Rocher Percé  
peinture - le du rocher Percé vers 1688
« La rade de l'Isle Percée, vers 1688 »
Huile sur toile (détail), Donald Cahill (2010)
peinture - le du rocher Percé vers 1689
« L'Isle Percée à partir de la baie des Molues, vers 1689 »
Huile sur toile, Donald Cahill (2005)

La pêche à la morue

Pendant plusieurs siècles, la pêche à la morue s'effectuait au moyen de la ligne à main, consistant en un hameçon auquel on accrochait un appât tel que le hareng, le maquereau, le capelan, etc. Les lignes de fond introduites vers 1780 sur les Grands Bancs au sud-est de l'île de Terre-Neuve ont été l'une des principales innovations apportées à cette pêche. Les méthodes de préparation de la morue, le salage et le séchage ne changèrent guère jusqu'au milieu du 20e siècle. L'introduction du chalut et l'apparition des navires-usines, combinées à une gestion inadéquate de la ressource, ont provoqué à terme l'effondrement des stocks de morues pourtant longtemps considérés inépuisables. Plusieurs populations de morues franches (Gadus morhua) sont aujourd'hui en voie de disparition.

morue franche - gadus morhua  Galerie photo - Morue   chaloupe chargée de morue  Illustrations - Morue  
peinture - pêche à la morue
« La pêche à la morue, vers 1898 »
Huile sur toile (détail), Donald Cahill (2007)